10 mai 2020

3min

Beyond. Au-delà de la pandémie, les écosystèmes de santé au service du bien-être

Par sa violence, la pandémie de Covid-19, a durement éprouvé la résilience de notre système de santé.

Elle a orienté tout d’abord notre système de soin presque exclusivement vers le traitement de cette pandémie. Qui aurait cru que nous pouvions adapter à ce point notre système de soin ? La réponse à la saturation des lits de réanimation illustre cette transition et cette capacité de résilience. Le taux d’occupation a dépassé les 200% dans plusieurs départements ( Oise, Bas-Rhin, Haut-Rhin et Vosges . Pour y faire face, le gouvernement a mis en place une stratégie de réaménagement de lits (disposant d’un respirateur, notamment dans les salles de réveil et dans les blocs opératoires) en lits de réanimation. Notre système de soin est ainsi passé en quelques semaines de 5 000 lits avant la crise à 14 500 lits de réanimation pendant la crise.

L’accélération du changement, à une échelle et à un rythme sans précédent, à laquelle nous avons assisté dans ce contexte de crise sanitaire prendra-t-elle fin en même temps que la pandémie ? Probablement pas. Cette pandémie a également révélé des questions plus profondes.

  • Comment évoluera notre comportement en matière de santé ?

L’automédication (à laquelle 80% des français ont recours), le 2ème avis médical, la prise en compte de la santé des autres et les nouvelles mesures d’hygiène et de protection sont autant d’évolutions ou d’accélérations à considérer en raison de leur impact sur nos modes de consommation.

Le renforcement de la médecine préventive pourrait se traduire par une demande d’information plus forte (31 % des Français recherchent des informations médicales via les moteurs de recherche) ou une mesure plus régulière de constantes de santé ( 47% des 1 200 patients souffrant de pathologies chroniques de l’étude ComPaRe « voient l’intelligence artificielle et les objets connectés comme une grande opportunité de progrès pour leur santé »).

  • Comment évoluera notre rapport aux libertés individuelles et collectives ?

Nous sommes paradoxaux. Nous ne souhaitons pas partager nos données quand nous sommes bien portants. En revanche, nous sommes prêts à tout communiquer si nous sommes malades (62% des Français sont prêts à utiliser l’application StopCoVid).

Pour faciliter l’usage et le partage des données de santé par exemple, quelles politiques de gestion des données de santé devrons-nous mettre en place pour concilier ces points de vue qui s’opposent ?

  • Comment évoluera le rapport au temps dans le champ de la santé ?

La mise sur le marché d’un nouveau principe actif prend en moyenne une dizaine d’années. Un dispositif médical nécessite 5 ans de développement. Un service ou une application peut prendre entre 3 mois et 18 mois. La course contre la montre générée par la pandémie questionne, à tort ou à raison, les processus de développements et les délais associés.

  • Comment évolueront nos politiques de santé ?

Quel niveau de souveraineté nationale ou européenne voulons-nous ? Souhaitons-nous le retour en force de l’Étatprovidence?

Des premières voix ont déjà évoqué la renationalisation, la relocalisation ou le rapatriement de pans stratégiques de l’industrie pharmaceutique (pour les médicaments, les équipements médicaux et les excipients) et ce, potentiellement au détriment des collaborations internationales qui pourraient apporter des réponses coordonnées et globales aux prochaines crises d’envergure.

Actuellement, plus de 60% des excipients des laboratoires comme SANOFI sont produits en Chine. D’autres mettent en avant la difficulté de l’Europe à agir face à la crise avec des politiques de santé traitées au niveau national. Autant d’équilibres à trouver.

En temps normal, toutes les réponses à ces questions s’inscrivent dans une logique de cycles. Il y a fort à parier que les vagues de pandémie que nous allons traverser vont accélérer ces cycles et déplacer leurs barycentres autour de 3 axes : plus d’humain, plus de technologies et un équilibre vertueux entre les deux.

Enfin, notre système de santé sera d’autant plus résilient que ces facteurs humains et technologiques seront fédérés dans un écosystème, la santé symbiotique.

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Auteurs :

Emmanuel de Gastines – PARTNER

Jean-Pierre PoinsignonPARTNER

Emmanuel de Gastines

Partner, Strat op