Date de publication : 14 novembre 2022

Temps de lecture estimé :  7 min

Et si le Web3 devenait écolo ?

Gagner en efficacité tout en construisant un numérique plus responsable avec le Web3 est l’un des défis majeurs auquel nous sommes engagés pour l’avenir de notre environnement. 

Le Web3, un actif numérique décentralisé

Le Web3, c’est la dernière et troisième génération de l’internet. A l’origine, le Web3 était pensé comme une solution aux problèmes de confidentialité, de centralisation et d’exclusion financière. Le but affiché : rendre à l’internaute son indépendance en favorisant les interactions sociales et l’échange de valeur économique.

Comment ? En donnant le moyen aux utilisateurs, de contrôler sans intermédiaire leurs données et le contenu leur étant associé. Et cela, dans l’optique de mieux répartir la valeur générée. A cet égard, les applications décentralisées (DApps), entre autres, ont facilité ces interactions de pair à pair désintermédiées.

Cette valorisation des actifs répartis dans le monde digital s’appuie sur un système de certification décentralisé : la technologie de la blockchain. Celle-ci peut être augmentée par un environnement virtuel 3D totalement immersif comme les Métavers.

Quelle(s) réalité(s) pour la consommation énergétique du Web3 ?

Un écosystème pas si vert malgré quelques efforts

Une partie des technologies du Web3 consomment de l’électricité verte. En effet, selon l’étude « 3rd Global Cryptoasset Benchmarking Study » menée par l’université de Cambridge, le minage, principal poste de consommation des cryptomonnaies, est alimenté par 39% d’énergies renouvelables; principalement l’énergie hydroélectrique. Ce choix a d’ailleurs été motivé par la meilleure rentabilité de cette dernière.

De plus, si le hardware nécessaire au déploiement du Web3 nécessite l’extraction et la valorisation de terres rares entrainant de significatives émissions, le parc de machines actuelles est à même de faire tourner des services Web3 et la part de machines dédiées exclusivement au Web3 reste infime.

La consommation excessive d’électricité : le talon d’Achille des crypto-monnaies

En juillet 2021, une seule transaction en bitcoins nécessitait 1 719,51 kilowattheures (kWh), Cela représente environ 59 jours d’énergie consommée par un ménage américain moyen. À son niveau actuel, le bitcoin consomme 81,51 térawattheures (TWh) par an. C’est l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de l’Autriche et du Venezuela

C’est indéniable, le Web3 présente aujourd’hui un bilan trop lourd.

Si le Bitcoin était un pays, il se classerait au 39e rang pour la consommation annuelle d’électricité, devant l’Autriche et le Venezuela.

Ethereum sonne le coup d’envoi de la décarbonation des crypto-monnaies

Une étude du cabinet PwC indique d’ailleurs que 50% des entreprises françaises utilisant une blockchain considèrent son coût énergétique comme un critère déterminant.

L’efficience énergétique du Web3 tend à s’améliorer. Ainsi, l’Ether, la crypto-monnaie la plus échangée après le Bitcoin, promet d’être beaucoup plus sobre dans sa consommation d’électricité. Pour rappel, le 15 septembre 2022, Ethereum avait entamé sa transition, surnommée The Merge.

La communauté derrière Ethereum, dirigée par Vitalik Buterin, avait en effet décidé de sauter le pas vers un système moins énergivore. Ethereum a donc opéré un changement technique majeur en passant d’un protocole fondé sur une « preuve de travail » (« proof-of-work« , PoW), à un protocole qui prône en revanche la « preuve d’enjeu » (« proof-of-stake« , PoS).

Ce changement de protocole apparait comme une rupture durable. Les protocoles en PoS représentent déjà la majorité du volume de transactions traitées par des blockchains ce qui est très encourageant quand on sait qu’une transaction en PoS consomme 1 à 10 Wh, contre 100 kWh pour une transaction en PoW.

Tezos : une blockchain française économe en énergie

D’autres acteurs du marché orientent leurs dynamiques d’innovation autour de l’efficience énergétique comme Tezos, la plate-forme française développée par le Français Arthur Breitman. Le protocole de Tezos, qui s’appuie sur la dPoS, affiche une empreinte carbone annuelle équivalente à celle de seulement 17 foyers européens, selon l’audit du cabinet PwC publié en décembre 2021. C’est donc une des blockchains les plus énergétiquement optimisées.

Web3 : un capital confiance pas encore au rendez-vous

L’acceptation sociale du coût énergétique d’une technologie dépend surtout de l’usage de ses applications. L’utilité non-perçue de ces solutions encore méconnues influence également la perception de ces technologies et l’acceptabilité de leur impact environnemental.

Dans le cas des Métavers, pourtant considérés par beaucoup comme des laboratoires à ciel ouvert, les cas d’usages offerts apparaissent limités.

Tout d’abord, certains secteurs ne saisissent pas encore les enjeux et les codes du Web3, conduisant à des développements d’expérience décevantes.

Ensuite, d’un point de vue technique, l’interopérabilité entre les différentes solutions existantes reste un important levier de progrès.

Enfin, la capitalisation sur des briques technologiques existantes reste trop souvent peu utilisée, au profit de solutions « maison » misant sur une logique de révolution technique.

Web3 : des cas d’usages prometteurs pour l’environnement et le business

Métavers

Toutefois, plusieurs cas d’usage prometteurs existent pour les Métavers, comme notamment dans le secteur du luxe ou de l’industrie. Réel vecteur pour la création d’une stratégie omnicanale, il permet à l’entreprise de développer des interactions plus directes et personnalisées avec sa communauté via des enseignes ou encore un service client virtuels. Le Métavers peut également être utilisé à des fins de formation, en permettant par exemple aux opérateurs de maintenance nucléaire de s’exercer aux opérations via des plateformes de réalité virtuelle ou augmentée.

Oregen et Carbonable : tokenisation des crédits carbones

Le Web3 peut également offrir des modèles vertueux pour l’environnement, notamment via des cas d’usage orientés sur la tokenisation des crédits carbone.

Carbonable propose par exemple aux projets « puits de carbone » d’émettre leurs crédits carbone associés sur une blockchain afin d’inciter les entreprises à moins polluer.

Les NFT peuvent être utilisés comme un levier de réduction de l’empreinte carbone et dans le cadre de projet de développement durable. Ainsi la startup française Oregen a proposé de financer des actions de protection de l’environnement via des collections NFT.

Micro-réseaux administrés par les blockchains

Enfin, face à l’enjeu d’optimisation des infrastructures énergétiques centralisées, des solutions de systèmes électriques locaux (micro-grids) administrés via blockchain pourraient permettre à un particulier producteur d’électricité solaire de vendre et distribuer l’énergie produite sans intervention de tiers de confiance.

Cap vers la décarbonation et l’innovation avec le Web3

Si le développement des technologies Web3 mérite d’être approfondi, notamment en matière d’optimisation énergétique et de mise en avant de cas d’usage vertueux, une dynamique positive semble se dessiner poussant les acteurs de l’écosystème à débuter une démarche de transition écologique.

Dans un contexte de ressources restreintes, le coût énergétique d’une technologie et son acceptation est avant tout facteur de son utilité.

En somme, comme nous l’avons vu avec le Web3 et les applications, les lignes bougent.

Les craintes comme les enthousiasmes sont légitimes. Avec un écosystème très récent, des enjeux environnementaux et business indéniables en toile de fond, tout reste encore à faire : éduquer, rassurer et encourager à sauter le pas.

Onepoint acteur engagé du Web3

onepoint co-construit avec ses clients de nouveaux modèles reposant sur un usage vertueux des technologies digitales au service de la croissance verte. Nous portons un regard Beyond the obvious sur les sujets d’actualité liés à la transformation du monde, le Web3 en faisant partie. Nous considérons le Web3 comme un écosystème entraînant des nouvelles opportunités dans tous les secteurs.

Nous avons des convictions fortes appuyées sur des expertises afin de pouvoir tirer le meilleur du Web3. Nous accompagnons nos clients à travers 4 niveaux d’offres pour appréhender ce nouveau marché et en tirer des cas d’usage concrets : de l’acculturation, à la pérennisation de vos projets en passant par des offres de projection et accélération le tout dans un objectif de business à impact.

onepoint dispose de nombreuses références prometteuses. Notre entreprise s’appuie sur un collectif d’experts et de partenaires pour développer et encadrer la culture Web3 de ses clients.

Nous nous orientons vers des solutions SI modernes, moins consommatrices en énergie et carbone, au service de la politique RSE de l’entreprise. C’est ainsi que nous pouvons mieux développer l’innovation et la compétitivité de nos clients.

Auteur : Vincent Cadoret

Consultant stratégie opérationnelle | Web3