Date de publication : 07 décembre 2022

Temps de lecture estimé :  5 min

Et si le Web3 révolutionnait le secteur de la culture ?

Une brève histoire du web culturel

Dans les années 1990-2000, l’Internet permettait essentiellement de consulter des contenus statiques organisés en portails. A partir des années 2010, le Web2 a permis aux internautes de participer à la création de contenus centralisés sur de grandes plateformes de réseaux sociaux et a démocratisé les usages vidéo mobiles. Entre piratage et émergence de nouvelles pratiques culturelles, le Web2 a bouleversé notre rapport au divertissement et à la culture.

Depuis quelques années, le Web3 propose une version décentralisée et encore plus immersive d’Internet grâce à deux innovations : l’essor des blockchains et des smart contracts, et les progrès du spatial computing, lesquels pourraient transformer en profondeur le secteur culturel.

Les NFT révolutionnent le secteur culturel

La blockchain est un registre décentralisé d’informations immuables. Elle permet notamment de résoudre des problématiques de confiance numérique sans dépendre d’un intermédiaire.

Dans le secteur culturel, les premiers usages de la blockchain concernaient le droit d’auteur : elle permettrait de gagner en transparence et en rapidité dans la gestion des droits des créateurs. Cet usage a été testé dès la fin des années 2010 par la SACEM1. Cependant, son industrialisation nécessitera, à terme, de remettre à plat l’ensemble des outils et pratiques actuelles, les droits étant régis par des dispositions légales, réglementaires et contractuelles complexes à retranscrire entièrement dans de nouveaux outils appuyés sur la blockchain.

Celle-ci a surtout permis l’émergence des NFT (non fungible tokens) : fondés sur des smart contracts, ils établissent un certificat de propriété sur un actif numérique. Ils ont ainsi permis l’essor exponentiel de l’art numérique à l’instar de la maison d’enchères Sotheby’s qui a généré 100M$ de ventes de NFT en 20212. Ils permettent aussi de certifier la participation à un évènement, et plus largement de redéfinir la relation des industries créatives, des institutions culturelles et des artistes à leur public.

Ils ouvrent également des modes de financements alternatifs. Dans l’audiovisuel par exemple, la série animée Stoner Cat a été entièrement financée par la vente de 10 000 NFT, avec une levée estimée à 8 millions de dollars.

Les acteurs de la culture se lancent dans l’aventure du métavers

Un métavers est un univers immersif interactif, persistant, où les participants peuvent interagir en temps réel entre eux et avec leur environnement sous la forme d’avatars. Nés des jeux vidéo, les métavers transforment l’expérience des usagers et de nombreux autres secteurs culturels s’y lancent. Sotheby’s a ainsi créé une réplique de son immeuble londonien sur la plateforme Decentraland pour y vendre ses NFT. Le Festival de Cannes a recréé le Palais des festivals et ses alentours au sein de Fortnite, qui a également accueilli de nombreux concerts. D’autres expérimentations se développent dans tous les secteurs du divertissement et de la culture : musées, sport…

Des externalités à prendre en compte

Réplique de l’immeuble londonien de Sotheby’s sur la plateforme Decentraland / Festival de Cannes et le Palais des festivals et ses alentours au sein de Fortnite

L’essor des cryptomonnaies et des NFT s’est accompagné de piratages et fraudes : 80% des NFT sur OpenSea enfreignent le droit d’auteur ou sont du spam3. Le caractère énergivore de la blockchain et des métavers continue de poser question, même si le passage réussi en septembre 2022 de la blockchain Ethereum sur un mécanisme moins énergivore est à saluer. La recréation de phénomènes de rareté et donc d’exclusion dans un monde numérique supposé égalitaire et horizontal soulève des enjeux éthiques, tandis que le caractère spéculatif du marché et l’effondrement d’entreprises comme Celsius ou FTX freinent aujourd’hui le développement du Web3.

Pourquoi les acteurs culturels s’intéressent-ils au Web3 maintenant ?

Compte tenu de l’aura sulfureuse des cryptomonnaies, les acteurs culturels traditionnels ont adopté une stratégie attentiste. Cependant, le gouvernement français a souligné l’importance de défendre la souveraineté culturelle dans l’univers numérique. En octobre 2022, un rapport aux ministres de l’économie, de la culture et du numérique intitulé « Mission exploratoire sur les métavers »4 a mis en exergue les enjeux des métavers pour la France et a pour objectif de rassembler l’écosystème français autour d’un horizon commun.

Et onepoint dans tout ça ?

Le Web3 est riche en opportunités pour le secteur culturel. Mais se lancer n’est pas si simple et nécessite d’explorer de nombreuses questions. Chez onepoint, nous aidons les acteurs de la culture à y répondre :

  • À quel public s’adresser avec le Web3 ?
  • Quelle proposition de valeur pour se différencier ?
  • Quel modèle économique ?
  • Quelles technologies, quels partenaires choisir ?
  • Quels risques ?
  • Comment prendre en compte les enjeux d’image et d’éthique ?

Onepoint, architecte des grandes transformations, accompagne de nombreux acteurs culturels publics et privés : télévision, radio, cinéma, production audiovisuelle, édition, jeux, musique, musées, opéra, galeries… onepoint s’appuie par ailleurs sur un solide écosystème de partenaires (NFT Factory, Metacircle, POAP…). Ses experts Web3 sont régulièrement invités dans les médias ou des évènements publics : Bpifrance Metaverse Vision, Web3 et cinéma, Metadays…

Le spatial computing, kézako ?

Le spatial computing permet de restituer des mondes virtuels en 3D. Né des jeux vidéo, clef des métavers, il est également très utilisé pour des formations et pour des jumeaux numériques. onepoint est spécialiste des expériences immersives et maitrise l’ensemble des méthodologies et outils associés : game et level design, 3D art, animations 3D…

Nicolas Gaudemet

Auteur : Nicolas Gaudemet

Partner Média, Industries Créatives et Data.IA

Auteur : Fanny Perret

Consultante Media, Culture