Quelle stratégie adopter pour sortir de VMWare ?

Vos coûts de licence VMware explosent avec la nouvelle politique tarifaire agressive de Broadcom ? Découvrez des stratégies pour moderniser votre SI, réduire vos coûts et gagner en autonomie sans dépendre de VMware.

VMWare est actuellement le leader de la virtualisation avec environ 80% du marché. Cependant, depuis le rachat de VMWare par Broadcom, la nouvelle politique de licence mise en place a conduit à des augmentations de tarif rédhibitoires. Bilan de l’opération : les factures des clients ont été multipliées par quatre, voire davantage dans certains contextes.

Face à ce changement contraignant et soudain de politique tarifaire, les clients de VMware s’interrogent sur la stratégie à adopter. Et pour un certain nombre d’entre eux, l’émancipation à l’écosystème VMware et la quête d’une alternative viable est devenue plus qu’urgente. Dès lors, un défi de premier ordre se pose : comment opérer une sortie de VMware tout en modernisant son système d’information ?

Plusieurs stratégies s’offrent aux entreprises pour sortir de VMware. Une première approche consiste à miser sur la modernisation du système d’information. Une autre option est d’accélérer l’adoption du cloud pour les applications éligibles. On peut également envisager de moderniser les applications grâce à la containerisation et à Kubernetes, entre autres solutions. Parmi les alternatives crédibles figurent également les infrastructures Nutanix. Elles sont en effet dotées de leur propre hyperviseur.

Nous détaillerons dans un premier temps la nouvelle politique de licence définie par Broadcom à la suite du rachat de VMware. Puis, dans un second temps, nous étudierons les différentes stratégies possibles pour limiter l’impact de ce changement.

La nouvelle politique de licence de Broadcom fait exploser le coût des licences VMware

Les principaux changements

Broadcom met fin à la version gratuite de l’hyperviseur VMware ESXi

En février 2024[1], l’éditeur annonçait l’abandon de la version gratuite de l’hyperviseur ESXi de VMware. Par conséquent, les deux versions jusqu’ici en libre téléchargement, ESXi 7 Free Edition et ESXi 8 Free Edition, sont officiellement abandonnées.

Ces versions, bien qu’assez limitées et sans support, étaient cependant utilisées par les testeurs et les chercheurs en cybersécurité. Certains développeurs se satisfaisant d’ailleurs d’une solution de virtualisation gratuite utilisaient également ces versions[2].

Fin de la licence perpétuelle au profil d’une licence par abonnement

En décembre 2023, Broadcom a annoncé la fin de la vente de licences perpétuelles VMware, au profit d’une licence par abonnement[3]. Il ne s’agit cependant que la mise en œuvre d’une politique adoptée par la plupart des éditeurs. Donc pas de surprise majeure à ce niveau.

Un système de bundle basé sur 2 offres principales

Broadcom a également annoncé le 22 janvier 2024, l’arrêt de la vente des produits individuels au profit d’offres groupées contenant des packages de produits[4].

Ainsi deux offres principales, un package d’entrée de gamme et une version plus complète, sont maintenant proposées par Broadcom : VMware vSphere Foundation (VVF) et VMware Cloud Foundation (VCF)[5].

Il n’est donc plus possible pour un client d’acquérir uniquement les logiciels dont il a besoin. Il est contraint désormais de souscrire à l’un ou l’autre des packages et donc payer pour des logiciels qui ne seront pas exploités.

Une tarification plancher imposée par Broadcom :  un forfait minimum de 16 cœurs par CPU

Le modèle de licence mis en place par Broadcom impose de payer pour un forfait minimum de 16 cœurs par CPU sur le serveur hôte, quel que soit l’usage[6].

Ainsi pour un serveur possédant 4 CPU ayant chacun 4 cœurs, c’est 64 cœurs (4 CPU * 16 cœurs) qui sont facturés[7].

Une hausse très significative des tarifs

Les offres groupées et restructurées, la tarification plancher imposant un minimum de 16 cœurs par CPU ainsi que le passage à une licence par abonnement conduisent à une augmentation très significative des coûts de licence. Ainsi nombre de clients ont vu leurs coûts de licence exploser avec une augmentation allant de x4 à x12.

Un réseau de revendeur réduit et une politique favorisant les gros clients

Broadcom a décidé d’annuler l’ensemble des accords de partenariat de VMware[8]. Cette annonce brutale a entrainé une grande incertitude chez les revendeurs et les clients.

Ce passage à un « programme de partenariat Broadcom Advantage Partner uniquement sur invitation » implique de nouveaux engagements en termes de revenus. Il est en effet exigé que les partenaires génèrent un chiffre d’affaires minimum de 500 000 dollars pour être éligibles[9].

Par ce changement, Broadcom marque sa volonté de se recentrer sur un nombre limité de gros revendeurs favorisant ainsi la relation avec les clients assurant un certain chiffre d’affaires. Les PME/ETI ne sont clairement plus des cibles pour Broadcom.

A titre d’exemple, Broadcom a repris seul la main sur la vente de l’offre VMware d’AWS… Qui, dans ce contexte, invite les clients à migrer vers EC2[10].

« Et si vous faisiez sans VMware ?»  Le message est désormais clair chez AWS[11].

Une inquiétude sur le futur du produit

Les annonces de licenciements de plus de 3 000 employés[12], et la consolidation des équipes de vente et de support soulèvent des questions sur les niveaux de support, d’innovation et de partenariat auxquels il faut s’attendre à l’avenir.

Par ailleurs Broadcom est connu pour raboter les dépenses à la suite de ses rachats précédents[13]. Cela qui pose donc question pour la recherche et développement et pour le futur du produit.

Bouleversement de l’échiquier concurrentiel dans le domaine de la virtualisation : Google, Microsoft, AWS, Nutanix avancent leurs pions

Ce changement brutal de stratégie imposé par Broadcom ne sera pas sans conséquence sur les clients de VMWare. Il affectera particulièrement les éditeurs proposant des solutions SaaS ainsi que les plateformes cloud utilisant VMware comme hyperviseur.

Les plateformes Cloud les plus impactées se trouvent être les fournisseurs de taille moyenne. Citons notamment les plateformes françaises et européennes telles que OVH Cloud et Outscale.

Face à l’augmentation significative des tarifs de leur hyperviseur, ces plateformes cloud seront très certainement dans l’obligation de répercuter cette hausse dans leur services proposés à leurs clients. Et cette même contrainte pèsera sur les éditeurs proposant des offres de services SaaS hébergées sur des plateformes exploitant VMware comme hyperviseur.

Paradoxalement, les grands hyperscalers que sont AWS, Microsoft et Google ne seront que faiblement impactés. En effet, ils utilisent des hyperviseur maison ou open source. Le principal impact concerne surtout les partenariats qui avaient été signés avec VMWare et qui ont été dénoncés par Broadcom.

Cependant, ce changement de stratégie et l’émoi qu’il provoque chez les clients VMware va largement profiter aux concurrents de VMware. Et ce seront les grandes plateformes Cloud qui se frotteront les mains[14].

En effet, le monde de l’IT est en ébullition et les grands acteurs du cloud computing (hyperscalers) sont en embuscade. AWS, Microsoft et Google Cloud ont en effet intensifié leurs efforts commerciaux. Ces derniers proposent à cet égard des offres pour faciliter la migration des applications vers le Cloud.

Parallèlement, Nutanix avec son offre d’infrastructure hyperconvergée et possédant son propre hyperviseur n’est pas en reste[15] non plus pour tenter de séduire la clientèle historique de VMWare.

Quelle stratégie adopter pour sortir de VMWare ?

La problématique qui se pose n’est pas simplement de remplacer VMware par un autre hyperviseur. Il s’agit plutôt de définir une nouvelle stratégie IT permettant de moderniser le système d’information tout en réduisant sa dépendance à VMware.

Cette modernisation du système d’information peut s’appuyer sur différents axes :

  1. Une migration vers le cloud pour les applications éligibles
  2. La mise en place d’une plateforme Kubernetes d’orchestration de container permettant de déployer les applications containerisées directement sur des serveurs « bare-metal ». Cette stratégie nécessite cependant de containeriser au préalable les applications qui seront déployées sur cette plateforme.
  3. Une modernisation de l’infrastructure interne avec des solutions globales comme Nutanix possédant son propre hyperviseur
  4. Enfin, le déploiement d’un nouvel hyperviseur en remplacement de l’actuel VMware sur les infrastructures

Transformer le système d’information pour évoluer vers des applications modernes

Depuis les années 1990, la virtualisation s’est imposée comme la solution universelle de gestion des services d’infrastructure. Cette technologie a permis de virtualiser les ressources, processeurs, stockage et réseau. Elle aura ainsi contribué à uniformiser et d’automatiser les processus IT de gestion de ces ressources.

Elle a également permis d’améliorer le taux d’usage des ressources physiques en simplifiant leur partage entre plusieurs applications. Et ce, tout en conservant un niveau d’isolation acceptable.

Aujourd’hui, la virtualisation constitue le socle technique sur lequel sont basés les systèmes d’information. Et VMWare en est le leader.

Néanmoins, à l’heure du cloud et de la conteneurisation, les machines virtuelles ne sont plus perçues comme cible privilégiée pour le déploiement d’applications modernes.

En effet, la manière de concevoir les architectures modernes a considérablement évolué avec l’apparition des services PaaS (Plateforme As a Service) d’une part, des technologies Serverless et des containers d’autre part et enfin des offres SaaS.

Parmi ces services PaaS figurent notamment les plateformes Kubernetes managées, les bases de données SQL et NoSQL, les gestionnaires d’événements ou les API Managers. Ces services sont désormais proposés non seulement par les fournisseurs de cloud public, mais aussi de plus en plus par les plateformes de cloud privé.

Ces nouvelles offres sont complètement gérées par les fournisseurs de services. Elles rendent complètement transparent pour l’usager l’infrastructure sous-jacente, en particulier les machines virtuelles utilisées pour leur fonctionnement.

Par ailleurs les éditeurs de logiciel privilégient largement les offres SaaS (Software as a Service), incluant l’hébergement, pour la distribution de leurs solutions.

De ce fait le déploiement d’une application moderne, Cloud native, basée sur des services PaaS, des containers et des offres SaaS, n’a plus besoin de machines virtuelles et donc d’hyperviseur !

La modernisation du système d’information devient donc également une stratégie de sortie de VMWare.

Migrer les applications éligibles vers le Cloud

Il ne fait aucun doute aujourd’hui que le cloud est devenu incontournable pour la construction d’un SI moderne et évolutif. Tous les acteurs du marché vont dans ce sens. La transformation numérique, l’environnement, la crise énergétique, la transformation des métiers, l’obsolescence des systèmes existants nous y invite.

La migration vers le cloud doit avant tout être guidée par une stratégie permettant de maximiser la valeur apportée par cette nouvelle plateforme.

Un piège classique à éviter consiste à vouloir migrer tout ou partie du parc applicatif existant vers le cloud sans avoir mené une analyse de la valeur. Le cloud apparait comme un eldorado synonyme de modernité. L’objectif affiché est alors de migrer une grande partie des applications initialement hébergées sur site sans se préoccuper de la valeur ajoutée apportée par cette opération.

Migrer sans transformation : une mauvaise pratique

La migration des machines virtuelles (VM) vers le cloud public en mode « Lift & Shift« , sans aucune transformation, est considérée comme une mauvaise pratique. Cette approche, surtout lorsqu’elle concerne un grand nombre d’applications, nécessite un effort considérable.  Elle engendre des coûts d’exécution élevés et n’apporte aucune valeur ajoutée métier.

L’intérêt principal de ce type de migration réside uniquement dans la rapidité de transfert d’une application vers le Cloud.  Après cette première phase de migration rapide, l’objectif est ensuite de transformer rapidement les applications.

Utiliser les services à forte valeur ajoutée afin de maximiser la valeur apportée par le cloud

Il est donc recommandé d’adopter une stratégie de refactoring et de modernisation des applications lors de la migration vers le cloud. L’objectif de cette transformation est de tirer parti des services à valeur ajoutée proposés par la plateforme.

Maximiser l’agilité grâce aux services PaaS et Serverless du cloud

Outre l’agilité engendrée par l’autonomie des équipes et le mode self-service, la valeur ajoutée de cloud réside principalement dans la mise à disposition de services PaaS et Serverless prêts à l’emploi et totalement gérés par le fournisseur.

Créer des applications modernes pour le cloud en toute simplicité

Ces services bénéficient d’une intégration étroite avec les mécanismes de sécurité, de surveillance et d’administration de la plateforme. Leur utilisation permet de construire rapidement des applications modernes et optimisées pour le cloud.

Déléguer la complexité technique pour se concentrer sur le métier

La complexité de l’installation, de la configuration et de la gestion des plateformes techniques est déléguée au fournisseur.  Les équipes de développement peuvent ainsi se concentrer pleinement sur leur métier.

Livrer une valeur maximale et réduire le Time to Market

À chaque itération, les équipes IT fournissent ainsi une valeur maximale en lien avec les cas d’utilisation définis par les équipes métier. Cette approche permet également de réduire considérablement le Time to Market des projets.

Containeriser les applications pour un déploiement natif sur une plateforme Kubernetes

Kubernetes est actuellement le standard pour gérer le déploiement et l’orchestration des containers. Un cluster Kubernetes permet de déployer et d’exécuter sur les nœuds du cluster, les containers contenant les composants d’une application.

Kubernetes peut être directement installé sur des machines nues (« bare-metal ») sans système d’exploitation. Il permet de gérer directement l’allocation des ressources (CPU, RAM) pour l’exécution des containers, jouant ainsi le rôle d’OS et d’hyperviseur[16].

Dans ce cas, l’ensemble des nœuds du cluster sont des machines bare-metal gérées par Kubernetes sans nécessité d’avoir un hyperviseur.

Déployer les applications sous forme de conteneurs sur un cluster Kubernetes installé sur des serveurs physiques (bare-metal) permet donc de réduire la dépendance à l’hyperviseur.

Cette stratégie contribue par ailleurs à la modernisation du Système d’information. En effet, la containerisation est actuellement le standard pour le déploiement des applications modernes et notamment les applications Cloud Native.

Serveurs bare-metal & Kubernetes : une solution optimale pour le déploiement des applications

L’approche consistant à déployer un cluster Kubernetes sur une infrastructure bare-metal apporte plusieurs bénéfices. Citons l’optimisation des coûts infrastructure, de meilleures performances applicatives, une simplification de la gestion et un déploiement des applications standardisé et d’automatisé

Une réduction des coûts d’infrastructure

Le déploiement d’un cluster Kubernetes sur une infrastructure bare-metal permet de réduire le coût total de possession (TCO : « Total Cost of Ownership ») de la plateforme :

  • Il n’y a pas de coût de licence ni de coûts de mise en œuvre liés à l’hyperviseur
  • Il n’est pas nécessaire de gérer des machines virtuelles et donc pas de coûts liés à l’administration ni à la gestion des OS et des images de VM
  • L’administration de la plateforme est simplifiée et donc les coûts d’administration sont réduits.

De meilleures performances applicatives

Les performances des applications sont optimisées car elles peuvent accéder directement aux ressources matérielles des serveurs.  On évite ainsi la couche d’abstraction liée à l’hyperviseur.

Une gestion plus simple des infrastructures

La suppression de la couche de virtualisation permet de simplifier l’administration de la plateforme. Cela permet également de réduire la complexité de la configuration et de simplifier les diagnostiques et cas de problème.

Un déploiement simplifié et uniformisé des applications

La containerisation des applications permet d’uniformiser et d’automatiser les déploiements. Cela permet également de simplifier la migration des applications vers le Cloud privé ou public.

Ains, une application containerisée et déployée sur un cluster Kubernetes on-premise pourra être migrée simplement vers une autre plateforme. Elle pourra en effet être facilement migrée vers un cluster Kubernetes se trouvant par exemple, sur un cloud privé ou public.

L’alternative Nutanix, pour moderniser son infrastructure virtualisée

Nutanix, à l’instar des hyperscalers, s’est positionné comme un concurrent direct des solutions VMWare[17]. Sa force réside dans ses offres d’infrastructure hyperconvergée possédant son propre hyperviseur[18].

Par infrastructure hyperconvergée, comprenez des serveurs intégrant des processeurs, de la mémoire mais également du stockage. Contrairement aux infrastructures classiques dans lesquelles le stockage est localisé dans des équipements séparés. Cette intégration native du stockage dans les serveurs permet une gestion unifiée de l’ensemble des ressources, une optimisation des performances et des coûts d’infrastructure réduits.

Cette stratégie adresse donc à la fois le renouvellement des infrastructures en fin de vie et la solution d’Hypervision pour la gestion de la virtualisation.

Les offres Nutanix sur l’infrastructure avaient déjà séduit de nombreux clients et grands comptes bien avant le rachat de VMWare par Broadcom[19].

Et pour le  DG de Nutanix France, Guillaume André, la nouvelle politique de Broadcom constitue une formidable opportunité permettant à Nutanix d’attirer les anciens clients VMWare. En effet, sa solution de virtualisation maison, Nutanix AHV, intégrée avec son infrastructure, est une réelle alternative à l’offre VMware[20].

Des clients séduits par l’offre de Nutanix

Airbus Defence and Space fiabilise le fonctionnement de ses applications avec Nutanix.

Il y a quatre ans, le centre de contrôle en charge du bon fonctionnement des satellites a effectué sa première migration sur Nutanix. Le succès a été tel que l’équipe a commencé à remplacer les éléments de son existant, brique par brique. Résultat, aujourd’hui, son cœur d’infrastructure repose sur Nutanix[21].

La mairie de Nanterre retrouve un second souffle avec Nutanix[22]

À l’heure du choix, Nutanix s’est imposé principalement pour deux raisons majeures : d’une part, la possibilité économiquement avantageuse de migrer vers l’hyperviseur AHV, et d’autre part, la faculté de revenir à l’ancienne couche de virtualisation si l’équipe ne parvenait pas à s’adapter au nouvel hyperviseur[23].

Les Mutuelles du Soleil[24] font leur révolution avec Nutanix

Selon Thierry Ruas, directeur des Systèmes d’information, « Lors de la première migration, nous avions été étonnés par la simplicité de l’action. En seulement trois mois, nous avions opéré une révolution complète grâce à cette simplicité et à la souplesse de la plateforme Nutanix[25]. »

CDiscount migre vers l’hyperviseur Nutanix, au détriment de VMware[26]

CDiscount a annoncé la migration de 4000 VM vers l’hyperviseur Nutanix, au détriment de VMware.

« En 2020, nos infrastructures arrivaient à saturation. C’est à ce moment que nous avons décidé de basculer 95% de nos environnements sur l’hyperviseur Nutanix », détaille Thibault Mori, responsable des infrastructures. Soit à cette époque environ 100 nœuds et 1000 VM. La migration, via les outils dédiés de Nutanix, est mise en œuvre par un ETP en environ 6 mois, au rythme de 25 à 30 VM basculant chaque jour[27].

Clusters cloud Nutanix (NC2) : une offre multicloud hybride

L’offre de Nutanix, « Nutanix Cloud Clusters » (NC2) permet de gérer de manière uniforme et intégrée une infrastructure multicloud hybride. Elle permet à cet égard de déployer une solution logicielle unique à la fois sur site (on-premise) et sur différentes plateformes Cloud.

Quelle stratégie adopter pour sortir de VMWare ?

« Figure 1 – Nutanix Cloud Platform »

L’offre de Nutanix possède plusieurs points forts.

Une plateforme hybride multicloud
Nutanix propose une plateforme hybride multi-cloud permettant d’intégrer au sein d’une même infrastructure les applications héritées déployées en local et les nouvelles applications cloud natives déployées sur les clouds publics AWS et Azure.

Des outils d’administration unifiés 
Il est ainsi possible d’administrer au sein d’une même console les infrastructures déployées on-premise, les infrastructures déployées dans le Cloud Privé Nutanix ainsi que sur les plateformes Cloud Public AWS et Azure. Cela permet un modèle d’exploitation simplifié avec une interface commune (UI, CLI et API) sur tous les clouds.

Une intégration native avec les services AWS
Les applications déployées sur les serveurs Nutanix sur AWS sont rattachées aux comptes AWS. Elles s’exécutent dans les VPC (Environnement réseau) du compte et peuvent ainsi accéder nativement aux services de la plateforme AWS.

Une optimisation des coûts sur les plateformes cloud public AWS et Azure
Le déploiement de nœuds bare-metal permet d’optimiser les coûts par rapport à l’utilisation des machines virtuelles natives des Cloud public.

Mettre en place un nouvel hyperviseur : offres éditeurs vs offres Open Source

La mise en œuvre des stratégies de modernisation du système d’information aura donc permis de réduire sensiblement le nombre de machines virtuelles. Le reliquat peut alors être migré vers un autre hyperviseur[28].

Deux types d’offre sont à considérées. D’une part, les offres éditeur avec notamment Hyper-V de Microsoft et Red Hat OpenShift Virtualization de Red Hat.

D’autre part, les offres Open Source[29] avec principalement Proxmox basé sur KVM, XCP-ng basé sur XenServer et la plateforme OpenNebula supportant plusieurs hyperviseurs tels que KVM ou Xen.

Hyper-V : une alternative robuste et flexible à VMware

Hyper-V, système de virtualisation Microsoft, constitue une alternative robuste et flexible à VMware[30].  Il est particulièrement avantageux pour les organisations déjà investies dans l’écosystème Microsoft ou celles cherchant une solution de virtualisation rentable et intégrée[31].

Facilité de déploiement

Hyper-V peut être installé de deux manières : soit directement sur Windows Server, soit comme un serveur Hyper-V autonome. Cela facilite son intégration dans les systèmes Windows existants.

Optimisation des coûts

Hyper-V est inclus avec les licences Windows Server, ce qui réduit les coûts supplémentaires. C’est particulièrement avantageux pour les petites et moyennes entreprises (PME). Hyper-V est fourni avec Windows Server 2022 en version Standard ou en version Datacenter.

La version Standard est cependant limitée à 2 VM alors que la version Datacenter permet un nombre illimité de VM.

Intégration à l’écosystème Microsoft

Hyper-V s’intègre parfaitement avec Azure pour les solutions cloud hybrides et avec les autres technologies Microsoft. Il facilite ainsi la gestion et l’expansion des environnements virtualisés.

Scalabilité et flexibilité

Hyper-V peut s’adapter à des centres de données de grande taille et à des charges de travail variées. Il offre en outre une densité de machines virtuelles comparable à celle de VMware.

Red Hat OpenShift Virtualization : un 2 en 1 pour la gestion des machines virtuelles et des conteneurs

OpenShift Virtualisation est une fonction de la plateforme Red Hat OpenShift[32]. Elle permet de gérer au sein d’une même plateforme les machines virtuelles et les containers qui sont déployés sur le cluster Kubernetes OpenShift.

Il est donc possible de déployer à la fois des machines virtuelles et des containers sur les nœuds du cluster. Et ce, tout en les administrant avec une suite logicielle unifiée.

C’est une plateforme polyvalente combinant deux fonctionnalités principales. Premièrement, elle permet le déploiement des applications héritées (legacy) dans des environnements de machines virtuelles. Deuxièmement, elle facilite le déploiement des nouvelles applications Cloud Native, sous forme de container, dans un cluster Kubernetes OpenShift.

Proxmox Virtual Environment : une solution de virtualisation open source clé en main

Proxmox Virtual Environment est une solution Open Source complète de virtualisation basée sur KVM.  Elle permet également l’exécution de containers grâce au support de l’interface standard LXC (LinuX Container). A noter cependant que le format de container LXC[33] est différent du format Docker plus répandu et généralement utiliser par les orchestrateurs.

Proxmox VE est une solution très aboutie techniquement. Elle a déjà prouvé sa stabilité et ses performances en production chez de nombreux clients. Ainsi, Enix, un provider Français, propose une solution de Cloud Privée managé basée sur Proxmox VE[34].

Couplé à l’offre Proxmox Backup Server, Proxmox VE est une alternative crédible à VMWare grâce à son coût réduit, ses fonctionnalités complètes et sa simplicité de gestion.

XCP-ng : une plateforme complète de virtualisation open source

XCP-ng[35] est un hyperviseur open-source basé sur XenServer.

XCP-ng facilite la migration des VMs depuis VMware grâce à des outils dédiés qui convertissent les formats de VM et permettent une intégration transparente.

Les sauvegardes complètes des VMs peuvent être effectuées grâce à Xen Orchestra. L’installation simplifiée de XCP-ng et le support communautaire facilitent son adoption.

XCP-ng est distribué sous forme de fichier ISO, prêt à être installé sur tout type de matériel, sans préparation préalable.

En termes d’architecture générale, XCP-ng et Xen Orchestra sont relativement proches de VMware, offrant ainsi une alternative crédible et plus économique.

Vates, un éditeur français, propose une solution complète de virtualisation basée sur la plateforme Xen Orchestra, l’hyperviseur XCP-ng, avec support et accompagnement associés[36].

Cette offre cible principalement les entreprises de taille moyenne possédant entre 3 et 500 serveurs. Depuis 2022, ce qui correspond à l’officialisation du rachat de VMware par Broadcom, cette solution a séduit de nombreux clients en France et à l’international.

OpenNebula : un orchestrateur multi-hyperviseur ouvert

OpenNebula[37], un orchestrateur multi-hyperviseur, est également une alternative Open Source à VMWare[38].

Une plateforme libre et non propriétaire

OpenNebula est une plateforme indépendante libre et entièrement ouverte. Elle est par ailleurs personnalisable et modulaire.

L’orchestrateur OpenNebula supporte plusieurs hyperviseurs, ESXi de VMWare mais également KVM et l’hyperviseur Xen. Il peut également orchestrer des clusters Kubernetes.

Une migration facile depuis VMware

Pour les clients actuels de VMware, OpenNebula propose un outil simple appelé vOneCloud[39] distribué sous forme de machine virtuelle. Cet outil permet de rapidement créer un environnement OpenNebula sur l’infrastructure VMware d’un client existant.  vOneCloud permet ensuite de déployer directement des nœuds KVM sur des serveurs bare-metal situés sur site ou dans un cloud.

OpenNebula : retour d’expérience de ces clients

MX, une entreprise leader dans la technologie financière, a pu grâce à OpenNebula remplacer son ancien système de virtualisation Xen par une solution plus performante. Cela a permis à MX d’améliorer les capacités financières de millions de personnes en intégrant OpenNebula sans nécessiter de réarchitecture majeure[40].

The Qt Company, éditeur de logiciels international comptant 1,5 million de développeurs, a choisi OpenNebula pour son infrastructure de Continuous Integration (CI). La solution open source a résolu leurs problèmes de bande passante et permet de créer des machines virtuelles à la demande, facilitant ainsi l’exécution de plus de 4 millions de VM par an. Avant OpenNebula, leurs autotests pouvaient prendre plus de 30 fois plus de temps[41].

Enfin, le Département de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire de la Région flamande en Belgique (dOMG) a déployé OpenNebula pour gérer près de 800 déploiements par semaine, 4 clusters de machines et plus de 2 000 machines virtuelles, dont 500 bases de données PostgreSQL. Cela a permis à dOMG de répondre à ses besoins opérationnels tout en améliorant l’efficacité et la résilience de son infrastructure[42].

En effet celui-ci a déployé la solution OpenNebula pour gérer près de 800 déploiements chaque semaine, quatre clusters, quatre clusters de stockage et plus de 2 000 machines virtuelles dont 500 sont des bases de données PostgreSQL.

Sortir de VMWare : un challenge mais également une opportunité !

Comme analysé dans cet article, la hausse brutale des tarifs VMWare contraint les entreprises à repenser leur stratégie IT. Sortir de VMWare est un véritable défi. Mais cela constitue surtout une réelle opportunité pour moderniser le système d’information.

Plusieurs stratégies peuvent être envisagées pour réduire la dépendance à VMWare. La modernisation du SI par la migration vers le cloud, la containerisation ou le passage à un nouvel hyperviseur.

La réduction de la dette technique et de l’obsolescence des applications est un facteur clé pour gagner en compétitivité et être capable de répondre rapidement aux évolutions rapides du marché.

L’innovation et l’agilité sont aujourd’hui les deux principaux facteurs permettant de gagner des parts de marché et de se démarquer de la concurrence.

Dans les deux cas, la modernisation du système d’information est une nécessité. En effet, l’usage de services à valeur ajoutés du Cloud est un des moyens pour construire rapidement des nouvelles applications et diminuer le Time to Market.

Par ailleurs, la construction d’applications modernes, basées sur des services modulaires et réutilisables est également un moyen de rendre le système d’information plus agile et plus évolutif.

Pour les clients déçus de VMware, cette hausse brutale des tarifs, bien que très impactante, est donc également un catalyseur pour une transformation positive.

 

[1] « Broadcom liquide la version gratuite de l’hyperviseur VMware ESXi», lemondeinformatique.fr 13 Février 2024.

[2] « C’est fini pour l’édition gratuite de VMware ESXI », lemondeinformatique.fr, 16 Février 2024

[3] « Broadcom annonce la fin des licences perpétuelles Vmware », zdnet.fr, 13/12/2023.

[4] « VMware End Of Availability of Perpetual Licensing and SaaS Services », vmware.com, January 22, 2024.

[5] « Se repérer dans la tempête : l’acquisition de VMware par Broadcom et ses répercussions », datacore.com, 18 Avril. 2024.

[6] « Licensing and Subscription in vSphere », docs.vmware.com, Per Core Licensing Model for vSphere, 26/03/2024

[7] Ibid.

[8] Lucie Robet , « Broadcom met fin à tous ses accords de partenariat avec les revendeurs de VMware », channelnews.fr, 27-12-2023.

[9] Ibid.

[10] Mark Haranas, « AWS ‘Disappointed’ It’s No Longer A VMware Cloud On AWS Reseller; Future Of Product In Doubt », crn.com, MAY 7, 2024.

[11] Clément Bohic, « AWS prend ses distances avec VMware version Broadcom », silicon.fr, 7 mai 2024.

[12] https://www.datacore.com/fr/blog/se-reperer-dans-la-tempete-lacquisition-de-vmware-par-broadcom-et-ses-repercussions/, datacore.com, 18 Avril 2024

[13] Reynald Fléchaux, « Face au risque Broadcom, la base installée VMware sort le parapluie », cio-online.com, 15 mai 2023.

[14] Benoît Huet, « Les concurrents de VMware se frottent déjà les mains », lemondeinformatique.fr, 15 Mars 2024.

[15] « Nutanix AHV – Virtualisation webscale pour l’entreprise », nutanix.com.

[16] « Kubernetes on Bare Metal: Why and How », platform9.com, March 18, 2021.

[17] Benoît Huet, « Les concurrents de VMware se frottent déjà les mains», lemondeinformatique.fr, 15 Mars 2024.

[18] Qu’est-ce qu’une infrastructure hyperconvergée (HCI)? », nutanix.com, 2024.

[19] « Les résultats de Nutanix pour le premier trimestre 2024 dépassent les prévisions » investing.com

[20] « Guillaume André, DG Nutanix France : Les évolutions chez VMware créent l’opportunité de réexpliquer la plateforme Nutanix »

[21] https://www.nutanix.com/fr/company/local-customers/airbus, nutanix.com

[22] La Mairie de Nanterre retrouve un second souffle avec Nutanix », nutanix.com

[23] Ibid.

[24] « Les Mutuelles du Soleil font leur révolution avec Nutanix », nutanix.com, 2019.

[25] Ibid.

[26] Reynald Fléchaux, « CDiscount migre vers l’hyperviseur Nutanix, au détriment de VMware », cio-online.com, 15 Janvier 2024.

[27] Ibid.

[28]  « Alternatives VMware : Top 11 des Meilleures solutions 2024 », foxeet.fr, 31 Mar 2024.

[29] Benoît Huet, « Vers une montée en puissance des alternatives open source », lemondeinformatique.fr, 15 Mars 2024.

[30] Phil Wittmer, « Comparing VMware and Hyper-V: A Deep Dive into Virtualization », velosio.com, April 15, 2024.

[31] Ibid.

[32] « Red Hat OpenShift Virtualization », redhat.com, 2024.

[33] Eric Kahuha, « LXC vs Docker: Which Container Platform Is Right for You? », earthly.dev, July 11, 2023

[34] « Proxmox Private Cloud », enix.io.

[35] « XCP-ng », docs.xcp-ng.org

[36] « XCP-ng virtualization platform », vates.tech, 2023.

[37] « The Open Source Alternative to VMware », opennebula.io, 2023.

[38] Daniel Dehennin, « OpenNebula, l’informatique élastique 100% Open Source », PDF, education.fr, 22 pages, 19 janvier 2016.

[39] « The Simple Alternative to vRealize », opennebula.io, 2023.

[40] « Empowering Millions with Financial Aptitude and Might », opennebula.io, 2023.

[41] « OpenNebula for C/I – Running over 4 million VMs per year », opennebula.io, 2024.

[42] « Open Source to Spur Agile Digital Governments », opennebula.io, 2020.

Auteur : Eric Datei

Leader Senior IT Architect - Cloud