27 janvier 2022

3min

Les élections présidentielles de 2022 face aux risques numériques

Jeux d’influence et souveraineté nationale dans le cyberespace
Ce livre blanc a pour objectif de dépeindre les risques numériques pesant sur les élections présidentielles à venir.

En avril 2022, 47 millions de citoyens français seront appelés à se rendre aux urnes pour l’élection du prochain président de la République. Evènement central de la vie politique française, l’élection présidentielle emporte le risque de devenir le théâtre de campagnes malveillantes de désinformation et d’ingérence étrangère.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, Tik Tok…) constituent la principale source d’information pour 62 % des adultes américains et 48 % des Européens. Les fausses informations qui y sont massivement relayées génèrent en moyenne 6 fois plus de clics que les informations fiables. L’ampleur de ce phénomène est telle que 96% des Français considèrent que la désinformation est un problème majeur dans la vie démocratique.

Si la cybersécurité a été placée parmi les priorités du gouvernement en place, l’essor de la communication numérique et les différentes expériences observées ces dernières années (particulièrement pendant la campagne présidentielle américaine de 2016) ont contribué à l’amplification du risque cyber, au point de devenir une source de danger qu’il est aujourd’hui impossible de négliger par la classe politique.

En ce sens, influencer l’opinion publique devient durant cette période le maitre mot des cyberattaquants mais aussi des citoyens, partis politiques et puissances étrangères

La maîtrise des plateformes socio-numériques et la conscientisation des votants au risque numérique constituent en cela l’ambition de ce livre blanc.

La manipulation des contenus sur les réseaux sociaux ainsi que le piratage des outils informatiques des différents candidats sont autant de moyens qui peuvent, à terme, influencer le bulletin de vote glissé dans l’urne.

Au-delà du besoin évident d’anticipation de ces risques numériques, il est essentiel de comprendre les phénomènes qui les sous-tendent et d’encadrer les technologies mises en jeu afin de les rendre moins poreuses dans notre quotidien et nos modes de pensée.

Aujourd’hui le risque de déstabilisation de l’élection présidentielle par ingérence étrangère demeure l’un des risques les plus prégnants. Ces menaces prennent principalement la forme de scénarios de risques identifiés :

  1. La diffusion des fakes news
  2. Le recours aux deepfakes
  3. La récupération de données numériques qui cibleraient au mieux la propagande d’un parti concurrent

Pour faire face à l’essor de ces risques numériques et permettre le bon déroulement de la campagne présidentielle de 2022, nous sommes convaincus qu’il faut renforcer :

  1. La coordination et le contrôle des plateformes numériques par des organisations indépendantes et certifiées. L’expérience du secteur privé sur le risque cyber, c’est bâtir une stratégie fiable et mobiliser des partenaires internationaux. Pour ce faire, il sera indispensable de s’appuyer sur le nouvel arsenal législatif mis en place afin de lutter et légiférer de manière durable. Enfin, il faut que ces problématiques soient, à terme, maîtrisées à la fois par le politique mais aussi par les organismes créant l’influence et ses dérives (réseaux sociaux, médias, entreprises, think tank…)
  2. La sensibilisation et la pédagogie auprès de tous les publics votants pour les équiper, les aider à identifier les tentatives de manipulation. Au-delà des actions politiques, il est nécessaire de voir émerger une prise de conscience allant de la collectivité à l’individu. A terme, celle-ci doit s’illustrer par le développement d’une pensée critique, dès le plus jeune âge. L’ambition est de permettre à chaque individu de comprendre les risques numériques et d’être en mesure de les anticiper et les analyser d’une façon plus éclairée.

En somme, la sécurité démocratique de la France sur l’espace numérique ne pourra être efficace sans l’aide de l’ensemble de la population citoyenne qui doit être en mesure de sécuriser ses outils numériques, distinguer sur ses réseaux le vrai du faux qui permettra de façonner ce modèle de « cybercitoyenneté ».

Bertrand Helfre

Partner Cybersécurité et confiance numérique