On décrypte | Marché énergétique : sous tension
Fabrice Pechayre, Leader Energy – Utilities chez Onepoint, analyse la crise énergétique mondiale qui secoue ce début d’année 2026. La situation est marquée par un effet papillon déclenché par le blocage du détroit d’Ormuz et la dégradation d’installations pétrolières et gazières, provoquant une onde de choc sur toute la planète
Bien que les stocks stratégiques constitués après la crise ukrainienne permettent d’amortir partiellement l’impact, l’instabilité fait bondir les cours, touchant aussi bien le prix des carburants, mes prix de l’électricité que celui des engrais agricoles.
Fabrice souligne un paradoxe majeur : même dans un mix décarboné, le prix de l’électricité reste souvent indexé sur celui du gaz, car c’est cette source qui sert généralement à équilibrer le réseau en dernier recours. L’Europe, ayant fait le choix de ne pas exploiter les gaz de schiste, se trouve dans l’impossibilité d’atteindre l’autonomie fossile contrairement aux États-Unis. Face à ce constat, l’électrification des usages semble être la seule véritable opportunité de résilience.
Plusieurs stratégies nationales sont alors mises en avant pour illustrer cette transition. La France réaffirme son ambition nucléaire à travers sa programmation pluriannuelle, tandis que des pays comme la Chine, le Vietnam ou la Thaïlande misent sur la mobilité électrique pour briser leur dépendance au pétrole. De son côté, l’Inde investit massivement dans le solaire pour protéger le pouvoir d’achat de sa population.
La souveraineté énergétique appartiendra aux nations capables de consommer moins mais mieux, en opérant un basculement définitif des énergies fossiles vers l’électricité.