Banque : tourner l’Open Banking à son avantage
Les banques de détail européennes font maintenant face à un contexte difficile : l’émergence des Fintech devenues trop importantes pour être rachetées, de nouvelles réglementations, l’arrivée potentielle des GAFA dans leur secteur, etc. Selon Gartner, 80% des banques n’existeront plus d’ici 2030, si elles ne se transforment pas[1].
La culture data driven doit être au cœur de cette transformation nécessaire. En pratique, c’est la qualité et la disponibilité de leurs données et la capacité à les analyser qui départageront les banques qui réussissent et celles qui restent dans l’ombre. Néanmoins, l’Open Banking reste souvent déconnecté des programmes de transformation data-driven des banques.
L’Open banking, une complexité pour la survie de la banque traditionnelle
L’entrée en vigueur de la Deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2), oblige maintenant les établissements bancaires à rendre accessibles les données de leurs clients, sous condition de leur accord, à des acteurs tiers. Par conséquent, les acteurs bancaires voient souvent l’Open Banking comme une perte de contrôle des informations dont ils étaient historiquement les seuls propriétaires. Ce sont les Fintechs qui semblent gagner un avantage en accédant aux données bancaires.Les banques peuvent tourner l’Open Banking à leur avantage
Toutefois, nous pensons que si les banques mettent en place une stratégie adéquate, l’Open Banking se révélera comme une opportunité de transformation salvatrice. Avec l’Open Banking, les banques, elles aussi, peuvent avoir accès aux données générées par les activités d’autres acteurs et avoir un aperçu complet des finances de leurs clients et une meilleure compréhension de leur comportement et de leurs habitudes de consommation. En outre, le croisement des données des différentes sources permettra de multiplier les possibilités de lutter contre la fraude, de fournir de nouveaux produits et services, etc. Pour réussir cette transformation, les banques doivent tout d’abord adopter une culture Data Driven En développant leurs programmes d’Open Banking, de nombreuses banques innovent à minima, en se focalisant sur les services financiers qui correspondent à leurs offres actuelles ou qui conviennent à des exigences de DSP2. En plus, de nombreuses banques mettent l’accent sur l’IT et prêtent trop peu d’attention à la construction du business model. Et enfin, très souvent l’Open Banking est perçu comme une API, mais les API ne constituent qu’un élément technologique de l’écosystème de l’Open Banking.[1] Pourtant, afin de véritablement valoriser les opportunités de l’Open Banking, les banques doivent au préalable réadapter leurs stratégies autour de la Data, ce qui leur ouvrira des choix stratégiques viables. Nous voyons l’émergence de différents axes stratégiques, toujours impérieusement connectés à la culture Data. Intégration de données tierces pour renforcer les services actuels : Plusieurs banques françaises proposent aujourd’hui leurs propres agrégateurs de comptes (une possibilité d’ajouter des comptes externes). Ce type de service met les banques en mesure d’analyser en profondeur le comportement du client sur ses propres comptes, mais aussi sur ceux des concurrents. La banque peut donc proposer des offres enrichies sous deux angles :- Financier : catégorisation des dépenses en fonction de leur nature, outils de gestion budgétaire, etc.
- Extra-financier : par exemple, choix d’un futur bien immobilier ou d’un service de déménagement
- Le partage des données se fera en toute sécurité
- La qualité des données est impeccable
- Les exigences du RGPD (le règlement général sur la protection des données personnelles) sont respectées
- Les données sont analysées continuellement afin d’améliorer les produits et services, etc.