Qui veut du bœuf brésilien ?
Entre clonages, organismes génétiquement modifiés, cultures intensives, et recours massifs aux pesticides ou autres engrais chimiques, certains pays, hors Union-Européenne, semblent avoir trouvé la parade.
Avec bientôt huit milliards d’êtres humains, la planète a-t-elle véritablement assez de ressources pour nourrir toute la population ?
Se pose alors la question de l’importation de ces aliments dans l’espace européen soumis, lui, à des lois sur l’agriculture et l’alimentation. L’an passé, la Commission Européenne a été confrontée à cette épineuse question, concernant l’importation de viandes bovines brésiliennes.
En avril 2018, une délégation de onze eurodéputés est partie en mission d’audit « agricole » au Brésil. Cette délégation avait pour objectif d’évaluer les nouvelles garanties sanitaires fournies par les autorités brésiliennes concernant l’importation de viandes bovines en France.
Depuis le dernier scandale de 2017 – le scandale « Carne Fraca » [1] – le Brésil a été boycotté par de nombreux pays (le Mexique, le Chili, la Chine et l’île de Hong Kong) qui ont suspendu toute importation de viande en provenance du Brésil, tandis que l’Union européenne (UE) a décidé, elle, d’interrompre uniquement les importations de viande issues des entreprises mises en cause dans la fraude sanitaire.
Un an après le scandale, la Commission Européenne a lancé un nouvel appel d’offres pour importer 70 000 tonnes de bœufs des quatre pays du Mercosur (le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay).
- Ces pays ont même obtenu l’importation de 99 000 tonnes de bœufs en mettant en avant la nécessité d’une plus grande ouverture du marché européen.
- Cette production de masse s’expliquerait notamment par le système agricole mis en place : les exploitations agricoles brésiliennes qui exportent ne reçoivent aucune aide publique et seule la massification permet des gains et des économies d’échelle.