Il s’agit de l’un des plus gros congrès scientifiques traitant des thématiques liées aux activités physiques et sportives. Cette année, 648 participants (dont 543 congressistes) issus de 14 pays différents ont participé à 10 symposiums incluant 51 prises de parole, 240 présentations orales d’articles (dont la nôtre) et 140 posters, répartis dans 5 salles en parallèle qui se déroulaient de 8h à 19h.
Les grandes thématiques des conférences s’articulaient autour de :
- La psychologie et des sciences de l’intervention,
- Les sciences et technologies du numérique,
- Les sciences de la vie, physiologie et biomécanique,
- Les neurosciences et contrôle moteur.
Les grandes tendances
Parmi ces thématiques, les chercheuses ont retranscrit les sujets les plus pertinents pour onepoint, dont font partis :
Psychologie et sciences de l’intervention
Les principaux travaux ont porté sur 1) Le rôle de la dimension sociale de l’intérêt situationnel chez les jeunes adultes dans les « exergames » (jeux vidéo actifs – ex Ring Fit Adventure). L’intérêt situationnel désigne l’attention focalisée et la réaction affective déclenchée sur le moment par des stimuli environnementaux. 2) La conception d’un « serious game » où l’avatar doit éviter des tentations sédentaires en se déplaçant le plus longtemps possible. 3) Les effets des jeux vidéo actifs sur l’intérêt situationnel et l’activité physique chez les lycéennes. L’objectif était de construire un programme en Education Physique en se basant sur les 5 dimensions de la théorie de l’intérêt situationnel : nouveauté, défi, demande d’attention, intention d’exploration et plaisir instantané.
- Promouvoir la santé dans le sport de haute performance
Des chercheurs ont notamment travaillé sur le stress et les stratégies de coping (comportements mis en place pour gérer une situation stressante) durant la phase de qualification pour les JO de Tokyo 2021 en mettant en relations la performance et le « burn out » parmi les nageurs artistiques d’élite.
- Bénéfices associés à l’activité physique
Un des travaux phare qui en est ressorti dans cette catégorie a été l’analyse du développement des compétences émotionnelles via l’activité physique des étudiants en santé, pour les aider à gérer les difficultés. En augmentant les activités physiques, les compétences émotionnelles ont pu être développées, ce qui a impacté leur bien-être et leurs relations sociales. Enfin, une dernière étude a porté sur la conception d’un programme d’activités physiques au travail pour prévenir du « burn out » et promouvoir la vigueur. La vigueur désigne le sentiment d’avoir un niveau optimal de ressources cognitives, émotionnelles et physiques pour s’engager dans son travail. Ce programme, qui se base sur les 6 thématiques de la récupération professionnelle (détachement psychologique, relaxation, sentiment de maitrise, autonomie, interactions sociales, réponses affectives), a mis en avant la diminution du risque de « burn out » en augmentant les activités physiques.
Sciences et technologies du numérique
- E-learning et comportement
Parmi les travaux de cette catégorie, nous avons pu assister à des présentations incluant du « e-learning » (qui caractérise l’apprentissage via des outils numériques) dans le cadre de l’activité physique. Plus particulièrement, nous avons été sensibilisées aux méthodes de changement du comportement utilisées pour augmenter l’activité physique des utilisateurs, via des applications connectées. Ces solutions sont proposées dans un contexte environnemental et social actuel, dans lequel nous savons par exemple que la sédentarité est plus mortelle que le tabac. Grâce à elles, il est possible de créer des systèmes connectés adaptatifs et personnalisés, qui permettent à l’utilisateur de bénéficier d’une phase d’accompagnement, ou encore d’une mise à jour du modèle de préférence selon la motivation de l’utilisateur ou de critères prédéfinis comme la météo.
- Méthodes numériques pour l’entraînement
Cette catégorie présentait les méthodes numériques comme un levier pour l’entraînement et l’amélioration de la performance sportive. Par exemple, la tâche cognitive MOT (Multiple Object Tracking), qui permet d’améliorer l’attention est de plus en plus utilisée dans les programmes d’entraînement numérique pour les sportifs.
Surtout, c’est ici que nos chercheuses ont pu faire part de leurs travaux :
“Methodology for the induction of competitive stress during virtual reality training”. Cette présentation orale de 15 minutes a pu mettre en avant le contexte dans lequel s’est créé le projet
SportTrooper : un désir d’accompagnement de la gestion du stress chez les sportifs de haut niveau en tir, via l’utilisation de méthodes numériques. Mais cela a également permis d’apporter des précisions sur la première expérimentation menée au sein du CREPS de Bordeaux (l’entraînement augmenté via SportTrooper génère-t-il un stress de type compétitif ?) ainsi que sur les résultats obtenus.
Suite à cela, de nombreux participants ont pu échanger avec nous, notamment en apportant des axes de réflexion pour nos futures études (
e.g. le volume sonore des commandements de tir a-t-il un impact sur la performance ?) et en nous faisant part de leurs expériences sur des problématiques similaires.