Le machine learning au service de l’entrainement de nos cerveaux
Comment mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage ? Comment améliorer son attention ? Comment personnaliser les entrainements cognitifs à chaque individu ?
Dans cet article, Maxime Adolphe, ingénieur en cognitique spécialisé en intelligence artificielle et collaborateur onepoint à Bordeaux, explique comment il cherche à améliorer la capacité attentionnelle via des entraînements cognitifs qui s’adaptent automatiquement à chaque individu afin de maximiser les chances d’apprentissage.
Découvrez le sujet de sa thèse, débutée en 2020 et effectuée en partenariat avec Inria.
Un objectif commun : mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage
L’équipe de recherche Flowers d’Inria et onepoint se rejoignent sur un objectif commun : toutes deux ont en effet le souhait de mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage. Pour l‘équipe de recherche Flowers, il s’agit d’étudier des modèles de développement cognitifs et comportementaux ainsi que d’apprentissage. Ces modèles sont utilisés comme outils pour aider à mieux comprendre comment les enfants apprennent ainsi que pour construire des machines capables d’un apprentissage autonome similaire à celui des enfants. Cette équipe explore donc la mise au point et l’étude des mécanismes qui peuvent permettre aux robots et aux humains d’acquérir des répertoires de compétences nouvelles sur des périodes de temps prolongé, de façon autonome et cumulative. Pour onepoint, il était donc logique de s’associer à ces sujets. En effet, en tant qu’acteur de la transformation et organisation apprenante, il semble indispensable à onepoint d’accompagner chaque individu en concevant des outils d’apprentissage qui prennent en compte les facteurs humains et leurs contraintes. Les cas d’usages sont nombreux : à travers l’Ecole onepoint, de nombreuses formations sont proposées aux collaborateurs et clients afin que chaque individu puisse s’épanouir et enrichir ses connaissances. Des serious games ont aussi été créé, ils sont de plus en plus utilisés dans les organisations pour former les collaborateurs, de façon ludique et interactive. C’est à travers la thèse de Maxime Adolphe que les deux entités collaborent et peuvent aller plus loin sur la recherche scientifique des mécanismes d’apprentissage. Sa thèse dite “Convention industrielle de formation par la recherche” (CIFRE) a pour particularité de s’intégrer dans une entreprise et y dérouler une démarche en contexte. Maxime nous en dit plus et nous explique son sujet de thèse.Améliorer l’entrainement d’une des principales fonctions cognitives : l’attention
Le sujet de ma thèse porte sur le développement et l’étude d’algorithmes permettant de personnaliser des parcours d’apprentissage qui permettent à chacun d’être plus performant. “ Aujourd’hui, il est commun de pratiquer une activité physique régulière dans le but d’entretenir sa santé. Cependant, il l’est beaucoup moins d’effectuer des exercices spécifiques pour « muscler son cerveau« ! Or, de nombreuses études montrent que l’entraînement cognitif, c’est à dire le fait de pratiquer de façon répétée et régulière des activités ciblant les fonctions cognitives est un bon moyen d’être plus efficace au quotidien. »
Pour ma thèse, je me suis concentré sur l’étude de la fonction cognitive de l’attention ; la fonction attentionnelle. Elle correspond à la manière dont notre cerveau va gérer un événement externe (un son, une image, une odeur) ou interne (une pensée ou un sentiment) et dont elle va le porter à un certain niveau de conscience. Elle est nécessaire dans toutes nos tâches quotidiennes. Elle va fonctionner selon trois modes :
- Attention sélective ou focalisée
- Attention soutenue ou vigilance
- Attention divisée ou partagée
- les personnes en état de vieillissement neuro-ordinaire, pour lesquelles un ralentissement du traitement cognitif entraîne de moins bonnes capacités d’attention divisée
- les personnes atteintes de troubles neuro-cognitifs (ex: TDAH), qui présentent de moins bonnes capacités d’inhibition et par extension d’attention sélective
- plus largement les personnes neuro-typiques, montrant de moins bonnes capacités d’attention soutenue en raison de nouveaux modes de travail (ex: notifications intempestives, multiplicité des écrans…)
Développer des outils personnalisés
Je conçois et évalue de nouveaux algorithmes de personnalisation embarqués dans un système tutoriel intelligent (STI) d’entrainement de l’attention. Mais qu’est-ce qu’un STI ? « Dans l’équipe Flowers d’Inria, plusieurs équipes font de la recherche sur les systèmes tutoriels intelligents (STI) qui est un système proposant (de manière automatique) un environnement d’apprentissage personnalisé aux besoins de l’élève. Deux STI ontdéjà été développés : Kidlearn pour enseigner les mathématiques et Kidbreath pour apprendre à mieux gérer son asthme chez les enfants par notre collaboratrice Alexandra Delmas ». Ainsi, dans le cadre de ma thèse, je me demande si nous ne pourrions pas utiliser nos connaissances des STI dans le contexte de l’entraînement de l’attention. Ensuite, après avoir déterminé l’efficacité de l’existant dans ce contexte, je proposerai de nouveaux STI qui pourront répondre aux limites des protocoles existants actuellement.
Pour onepoint, grâce à ces travaux, l’application de ces éléments va notamment permettre :
- De développer un nouveau serious game permettant d’améliorer l’attention chez les collaborateurs,
- De faire de l’adaptive learning pour pouvoir le transposer dans d’autres sujets de serious games.